Mauboussin démocratise la joaillerie

3 août
2009

Elargissement de la gamme de prix, investissement dans l’ouverture de boutiques et la publicité : la recette fait ses preuves aussi place Vendôme. Même en temps de crise.

Des bijoux qui s’affichent à la télévision, dans le métro et qui ne cachent plus leur prix, des « donuts » et du chocolat chaud offerts aux clients de la boutique des Champs-Elysées, à Paris : Alain Némarq n’a pas honte d’avoir sorti Mauboussin du cercle très fermé de la haute joaillerie. L’élargissement de sa clientèle lui permet de faire plutôt bonne figure en ces temps difficiles où les plus grands noms souffrent. Arrivé à la tête de Mauboussin en 2002, il a multiplié par 2,5 les ventes et table pour cette année sur un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros et un objectif de 65 millions pour 2012. « La crise n’est pas seulement un problème de raréfaction des ressources, elle est aussi révélatrice d’un changement d’attitude vis-à-vis du luxe. Le côté trophée, éléments de statut social lié à l’argent, s’estompe au profit de l’émotion, de la création et de la qualité intrinsèque des produits », explique l’ancien prof d’HEC, qui cible avant tout les femmes. « Ce sont elles les principales acheteuses du luxe, elles ne jouent plus seulement un rôle de prescriptrices. Or les femmes sont plus sensibles à la dimension émotionnelle et créative que les hommes », constate-t-il. Avant Mauboussin, il avait fait carrière dans la mode, chez Saint Laurent et Kenzo homme, puis aux commandes de Tehen, petite marque de vêtements féminins.

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