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Cartier a ressorti ses griffes

janvier 2, 2009 dans Les marques, Revue de presse par WatchTribe

Attaqué de toutes parts au début des années 2000, le créateur des Panthère a développé son art de joaillier tout en rationalisant son offre. Indispensable pour tenir son rang.

Au début du siècle, XXe Louis Cartier mélange corail et turquoises, diamants baguettes et gouttes de perles, émeraudes et saphirs gravés. Créateur des Panthère, habillées de minuscules pierres d’onyx, inventeur du style «guirlande», ces dentelles constellées de brillants, il fut également l’auteur de ces bagues entremêlant trois couleurs d’or, si chères à Jean Cocteau. Grâce à lui, Cartier devient le fournisseur attitré des têtes couronnées et des héritières américaines.
Pendant des décennies, la maison démontre sa réputation de marque, mondialement célèbre, qui marie audace et tradition, associe innovation et héritage. Passée en 1993 sous le contrôle du groupe Richemont, numéro deux du luxe après LVMH, elle entend tenir son rang de premier joaillier mondial et de deuxième fabricant de montres (450 000 exemplaires par an). Inébranlable, croyait-on. Enfin, presque. Car le début des années 2000 l’emporte dans une tourmente, entraînant la chute des résultats. La marque star est attaquée sur deux fronts. Du côté des montres, d’abord, une nouvelle concurrence vient de naître : les marques de mode, Louis Vuitton en tête, entendent bien prendre leur part de cette très rentable activité. Du côté de la joaillerie, ensuite, la ligne est hésitante. Pendant deux décennies, la maison avait bénéfi cié du succès de la collection Les Must, ces bijoux et accessoires vendus à des prix plus accessibles. Mais la clientèle traditionnelle, plus fortunée, s’était détournée au profi t des voisins de la place Vendôme. Le président de l’époque tente bien un revirement vers la haute joaillerie. Trop brutal, le virage effraie.
Pour réparer ces erreurs stratégiques, on appelle un sauveur. Arrivé à la tête de Cartier en 2002, Bernard Fornas, formé à la dure école de Procter, passé par Guerlain et Baume & Mercier, élabore une nouvelle stratégie : il lui faut relancer la créativité, renforcer les outils industriels afi n de moderniser le processus de fabrication, retrouver l’équilibre en- tre haute joaillerie et produits d’entrée de gamme, rapprocher les clients de la distribution. Quatre axes afi n que Cartier ressorte ses griffes. Et redevienne cette maison au chiffre d’affaires – top secret – estimé par les analystes à 2,5 milliards d’euros. Pour un bénéfi ce de près de 700 millions, soit près de la moitié du total de Richemont. «L’histoire donne de l’épaisseur à la marque, une intemporalité aux objets. Elle ne signifi e pas enfermement dans le passé, mais héritage et continuité», notent Vincent Bas- tien et Jean-Noël Kapferer, auteurs du livre Luxe oblige, en prenant justement l’exemple de Cartier qui a fêté ses 160 ans en 2007. «La dimension patrimoniale agit comme une garantie», confi rme Pierre Rainero, directeur de l’image, du style et du patrimoine de Cartier.

source : Challenges  lire la suite

Ils veulent tous… des montres de héros!

septembre 28, 2008 dans Revue de presse par WatchTribe

Les montres-bracelets anciennes font toujours plus d’émules. Et les modèles d’époque popularisés par des personnalités mythiques, de Lawrence d’Arabie au commandant Cousteau, de Neil Armstrong à James Bond, s’arrachent.

Blancpain Fifty FathomsImpossible de ne pas ressentir un frisson lorsque l’on passe au poignet une Omega Speedmaster contemporaine de celle que Neil Armstrong porta sur la Lune en 1969, une Blancpain Fifty Fathoms similaire à celle du commandant Cousteau et son équipe dans Le Monde du silence, ou une Rolex Submariner identique à celle de Sean Connery dans James Bond contre Dr No, marquée par la fameuse scène torride sur une plage avec Ursula Andress en bikini rikiki. Jamais les montres-bracelets de collection ne se sont aussi bien portées, dans tous les sens du terme ! Et ce sont les modèles arborés à l’époque par des héros aventuriers, explorateurs, pilotes d’engins en tous genres, plongeurs des grands fonds, acteurs mythiques, commandos et militaires d’élite qui bénéficient du plus grand engouement. « Ne serait-ce que parce que ces garde-temps, capables de résister à toutes sortes d’intempéries et de conditions extrêmes, d’une exactitude remarquable, intégraient le summum de la technicité du moment », rappelle Olivier Fort, qui organise avec Lionel Deschamps le Salon Men’s World (montres, stylos, couteaux et briquets de collection) au palais Brongniart, le 23 novembre prochain.

Il est vrai que les conditions extrêmes sont au ceur même de la popularisation de la montre-bracelet. Les soldats des tranchées de 14-18 avaient en effet remarqué que ceux qui prenaient le temps d’ouvrir leur manteau pour chercher leur oignon avaient une fâcheuse tendance à se faire canarder par l’ennemi. Exit donc les goussets, voici les montres-bracelets, bientôt irremplaçables dans un monde moderne caractérisé par le culte de la rapidité.

Mais les fabricants n’avaient pas attendu les affres de la Grande Guerre pour promouvoir leur marque lors d’événements exceptionnels. Vacheron &Constantin a ainsi conçu une montre-bracelet pour les frères Wright à l’occasion du premier vol de l’aviation (59 secondes) de l’histoire, le 17 décembre 1903. Deux ans plus tard, Cartier crée une montre-bracelet pour un autre illuminé des airs, un certain Alberto Santos-Dumont, qui effectue son premier vol public près de Paris en 1906 durant 21 secondes héroïques. Depuis, la fameuse Santos est restée un des modèles mythiques de Cartier, qui la commercialise toujours aujourd’hui.

Aucune marque, pourtant, n’évoque mieux le monde aéronautique que Breitling avec son chronographe Chronomat en 1941, puis sa Navitimer en 1952, qui intègrent une règle à calcul permettant au pilote de calculer sa vitesse moyenne ou ses taux de montée et de descente. La Old Navitimer (référence 806) se trouve encore à des prix raisonnables, de l’ordre de 2 000 à 3 000 euro pour les versions des années 50 et 60, tandis que d’innombrables rééditions jalonnent l’histoire de la firme jusqu’à nos jours.

Bien sûr, les militaires ont profité de ces avancées spectaculaires quand ils n’étaient pas les initiateurs des progrès. Du coup, les chronographes de pilotes militaires « Retour en vol » (le système de retour rapide du chrono évite une manipulation et permet à une patrouille une parfaite concordance d’évolutions dans les airs) figurent parmi les montres les plus prisées par les collectionneurs. Le chronographe type 20 (du nom du cahier des charges de la commande militaire faite dans les années 50) est ainsi le fleuron d’une collection qui intègre quelques marques ayant euvré pour l’armée de l’air française : Dodane, Airain, Vixa, Auricoste, ainsi que… Breguet.

>> Par Marc Durin-Valois
26/09/2008
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